La journée internationale contre l’homophobie et la transphobie est cette année placée sous le signe des élections régionales, fédérales et européennes du 25 mai prochain. Ce samedi, la parade de la Pride défilera dans les rues de Bruxelles en portant le slogan « Votez pour l’égalité ». Le Centre s’inscrit dans cette démarche en soulignant quatre priorités pour les prochains gouvernements.

La première concerne la parentalité de couples de même sexe. Un pas important a été franchi il y a un mois en ce qui concerne le lien juridique entre l’enfant et la co-mère lesbienne, désormais acquis et facilité. « Mais ce pas doit être suivi d’un autre », explique Patrick Charlier, directeur adjoint du Centre. « L’adoption par des couples homosexuels reste en effet semée d’embûches, notamment parce que les pays avec lesquels collaborent les services d’adoption belges refusent l’adoption par ces couples. Par conséquent, certains couples optent pour la solution de la mère porteuse, à l’étranger ou non. Or il faut encore légiférer à cet égard en Belgique. Cette zone grise peut entraîner des situations complexes, parfois déchirantes. Nous demandons donc que ce problème soit inscrit à l‘agenda de la prochaine législature. »

Autre priorité: l’homosexualité à l’école« Pour de nombreux jeunes lesbigays, l’école est un vrai parcours du combattant », estime Patrick Charlier. « Ils sont mal dans leur peau, comme en attestent les statistiques sur leur bien-être et sur le risque plus élevé de suicide. Il est donc temps d’aborder de manière globale et structurelle la question de l’homosexualité, du transgendérisme et de la transsexualité à l’école. Cela implique une approche intégrée de la question du genre et de l’orientation sexuelle, avec une attention particulière, dans le contexte scolaire, pour les comportements de harcèlement et pour la formation à la vie affective et sexuelle. Et ceci sans oublier la formation du personnel éducatif et le choix des supports pédagogiques. »    

En 3e lieu, le Centre plaide pour que soit également abordée la question de l’impunité de fait des délits de presse à caractère discriminatoireenvers les personnes homosexuelles. A l’heure actuelle, ceux-ci sont de la compétence des Cours d’assise, ce qui entraîne des procédures très lourdes. C’est la raison pour laquelle les délits de presse à caractère raciste ont quant à eux été correctionnalisés. « Il est difficile de justifier le fait qu’aujourd’hui, une personne qui incite à la haine, la violence ou la discrimination par le biais de la presse échappe de facto à des poursuites. Cela limite fortement la portée de la législation antidiscrimination de 2007. »

Enfin, début 2013, toutes les autorités du pays ont lancé conjointement un « Plan d’action interfédéral contre l’homophobie et la transphobie ». Ce plan recouvre deux volets, celui de la violence homo- ou transphobe, et celui de la discrimination. Le Centre et l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes président en alternance le réseau d’experts chargé de son évaluation en 2014. « Nous appelons donc d’ores et déjà les prochains gouvernements à prendre à cœur les recommandations et les points d’attention qui seront inscrits dans le rapport d’évaluation », conclut Patrick Charlier.   

 

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