Le CSA vient de présenter la 3e édition du Baromètre de la diversité et de l’égalité dans les médias audiovisuels de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont il pilote la recherche, avec le concours et la supervision de partenaires experts en matière de lutte contre les discriminations.

Cette présentation, qui intégrait un volet "bonnes pratiques" (Panorama des bonnes pratiques 2013), clôturait ainsi le Plan égalité-diversité initié en mars 2010 par la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des Chances, Fadila Laanan.

Le Baromètre 2013 vise à quantifier et à objectiver l'état de la diversité et de l’égalité sur base de l’analyse approfondie d’une semaine de programmes produits en propre ou coproduits de 26 chaînes de télévisions publiques, privées et locales actives en Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Les résultats du Baromètre 2013 traduisent : 

  • une évolution positive de la représentation des femmes et des minorités visibles à l’écran ; 
  • une sous-représentation constante de tous les groupes observés, quels qu’ils soient.

Représentation des femmes à l'écran

Ainsi, si les femmes sont globalement mieux représentées qu'en 2010 et 2011 (elles passent globalement de 31,41 % à 36,88%.), si elles occupent davantage de rôles prestigieux (de 20,53% à 23,21% pour les porte parole, de 15,35% à 18,83% pour les expertes), si elles interviennent plus souvent dans les débats (de 26,80% à 30,56%), elles font, lorsqu’elles prennent la parole, toujours moins souvent l’objet d’une mention (39,50% pour 31,86% des hommes), et sont, lorsqu’elles font l’objet d’une qualification spécifique, presque toujours catégorisées comme victimes. Leur présence est par ailleurs loin d’atteindre les 51% qu’elles représentent dans la société.

Origine

Les minorités visibles connaissent également une progression notable à l’écran : celle-ci passe de 10,26% à 16,98% sur trois ans. Dans l’information locale, les intervenants perçus comme "non blancs" représentent désormais 13,53%, soit +5,72% par rapport à 2011, alors que dans le même temps, la progression enregistrée par l’information nationale est seulement de +3,48% (11,77% en 2010, 15,25% en 2013).

Néanmoins, les intervenants "non blancs" sont plus souvent sollicités comme figurants (de 7,31% à 16,63% de 2011 à 2013) que comme experts (de 2,60% à 8,10%). Près d’un intervenant sur deux relevant du marqueur de perception "non blanc" intervient anonymement.
 

Age, catégorie socio-professionnelle, handicap

En matière d’âge, d’inscription socioprofessionnelle, de handicap, rien n’a bougé. 

Depuis trois ans, la pyramide des âges des intervenants télévisuels diffère largement de celle qui prévaut dans la réalité : 

  • les plus jeunes (< 18 ans) et surtout les plus âgés (> 65 ans) sont largement déficitaires.
  • la classe d’âge des 19-34 ans est clairement surreprésentée (43,73% pour 32,15% dans la société). 

Les catégories socioprofessionnelles peu qualifiées et les inactifs sont également sous-représentés :

  • les inactifs connaissent une diminution passant de 16,14% en 2011 à 6,60% en 2013.
  • de 12% en 2011 et 2012, les cadres et dirigeants totalisent aujourd’hui 10,26% des effectifs.

Les intervenants identifiés avec un handicap visible restent, même en cette année de jeux paralympiques, étrangement absents des écrans : leur représentation était de 0,33% en 2011, elle est exactement la même en 2013.
 

En dépit de ces derniers constats négatifs, les résultats démontrent qu’une fois qu’elle est recherchée la diversité peut gagner les écrans et les écrans gagner en réalité sans pour autant renoncer à des exigences professionnelles. 

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